L’Homme Zombie


Introduction

Selon David Chalmers, selon sa définition de l’Homme Zombie :

« Il est identique à moi à la molécule près, identique jusqu’aux dernières propriétés de niveau inférieur postulées par une physique achevée, mais il est complètement dépourvu d’expérience consciente […] sur un plan fonctionnel, il sera sûrement identique à moi ; il traitera le même genre d’information, il réagira de la même manière que moi aux inputs, et ses configurations internes seront modifiées de manière appropriée jusqu’à ce qu’en résulte un comportement indiscernable du mien […] le problème est que rien dans ce fonctionnement ne sera accompagné de la moindre expérience consciente réelle. Il n’existera pas pour lui de ressenti phénoménal. Il n’y aura nul effet de ce que cela fait d’être un zombie. ».

Je peux alors transposer selon cette définition me concernant en tant qu’Homme-Zombie :

«  Je suis identique à lui à la molécule près, identique jusqu’aux dernières propriétés de niveau inférieur postulées par une physique achevée, mais je suis complètement dépourvu d’expérience consciente. Sur un plan fonctionnel, je serais identique à lui ; je traiterais le même genre d’information, je réagirai de la même manière que lui aux inputs, et mes configurations internes seront modifiées de manière appropriée jusqu’à ce qu’en résulte un comportement indiscernable du sien. Le problème est que rien dans ce fonctionnement ne sera accompagnée de la moindre expérience consciente réelle. Il n’existera pas pour moi de ressenti phénoménal. Je n’aurai nul effet de ce que cela fait d’être un zombie. »

Postulat

Selon mon statut modal, si je suis, quelle que soit ma conscience d’être un Homme-Zombie ou pas, je suis une proposition possiblement vraie, puisque je suis vrai dans au moins un monde possible : cette histoire. Et je peux même aller plus loin encore : que j’ai conscience d’être un Homme-Zombie, ou pas, si je sais que je suis un Homme-Zombie, même sans n’en avoir conscience, c’est qu’effectivement, je suis, modalement, nécessairement vrai, puisque si je sais que je suis, je le suis bel et bien, dans tous les mondes possibles ! Me voilà donc nécessairement vrai, mais sans que je n’en ai la moindre conscience.

Cela va se compliquer, car partant de ce postulat, ce sont toutes nos connaissances sur la conscience de soi qui volent alors en éclats : je pourrai donc être et savoir que je suis, mais sans en avoir conscience ? Il existerait donc, non pas un monde possible, puisque si nous reprenons le postulat défini plus haut, et si je suis modalement nécessairement vrai, alors je le suis dans tous les mondes possibles ! Donc dans le vôtre, donc dans le mien, et donc dans tous les mondes possibles, il serait modalement possible, d’être, de le savoir, mais sans en avoir conscience ? Il y aurait donc un autre chemin que la conscience telle que nous la définissons pour savoir que nous sommes, vous, moi, nous tous. Cela devient, modalement, nécessairement vrai. Je vais donc tenter de découvrir la façon dont je peux être, et savoir que je le suis, mais avec autre chose que ma conscience, puisqu’en tant qu’Homme-Zombie, j’en suis donc dépourvue !

Je postule donc que je suis, modalement, nécessairement vrai dans tous les mondes possibles.

Prémisses

Chassons immédiatement de notre esprit quelques définitions qui pourraient d’emblée nous venir à l’esprit :

1/ L’animal

Je ne peux comparer ma connaissance du fait que je suis sans en avoir conscience avec la conscience d’être d’un animal autre qu’humain. Cette conscience d’être d’un animal est rigoureusement égale à la nôtre, il s’agit seulement de différences de degrés et non pas de fonctionnalités. Un animal à bien une conscience étendue, en tout cas assez, pour avoir conscience qu’il est un animal. Le behaviorisme éthologique a fait son temps : lorsque un animal ressent une douleur, il a vraiment mal, sa plainte n’est pas seulement réflexive, il a réellement, mal, et il sait qu’il a mal, il en a la pleine conscience. Les expériences modernes avec les IRM nous montrent parfaitement que les zones du cerveau de l’animal qui s’activent ne sont pas seulement les zones correspondantes à l’endroit physique de cette douleur, mais également les zones réceptives de sa conscience. Il ne s’agit donc pas de simples réflexes, mais bien d’une conscience pleine et entière de la douleur. Vous pouvez en faire l’expérience avec votre propre chien ou chat : si, par accident (du moins, j’ose l’espérer !), vous lui avez causé une douleur quelconque avec un objet, par exemple un coup de balai, lorsque vous rapprocherez de cet animal avec un balai, il aura conscience avant que cette douleur avec cet objet ne lui soit réinfligé (toujours par accident, nous sommes bien d’accord !), que cet objet peut de nouveau lui réinfliger cette douleur avant de la ressentir de nouveau physiquement. Il a donc tout à fait conscience que cet objet lui a fait mal dans le passé, et que cet objet peut lui réoccasioner cette douleur dans le futur. Ceci est la preuve concrète que la douleur chez l’animal autre qu’humain n’est pas seulement réflexive, il a tout à fait conscience que ça peut de nouveau lui faire mal ! Et c’est aussi, au passage, une preuve qu’il a conscience d’être non seulement mentalement, mais aussi physiquement. Ce n’est donc pas la bonne piste de comparer l’Homme-Zombie à un animal autre qu’humain.

2/ Le rêve

Je ne peux pas non plus comparer l’Homme-Zombie à l’Homme qui rêve. Je ne peux mettre ceci sur le même plan que le rêve. Le rêve est un des nombreux états modifiés de conscience. Qu’il s’agisse d’un rêve lucide, ou pas, lorsque je me « vois » dans mon rêve, je sais qui je suis, mais aussi que je suis. Il n’existe pas à ma connaissance, de rêve (ou de cauchemar !) où je me vois mort. Je peux me voir mourir, mais pas mort ! Dans le sommeil, c’est seulement le corps qui est en repos, pas l’esprit ! C’est la définition même du rêve. Votre esprit est toujours conscient d’être. J’inclus dans cette réflexion sur le sommeil les autres états modifiés de conscience : hypnose, coma, anesthésie, drogue…Etc… On pourrait aussi y inclure tout ce qui est voyages astrals et autres EMC, mais je considère ça comme du folklore et des croyances. Ce n’est donc toujours pas la bonne piste.

3/ La mort

La définition première de la mort est on ne peut plus simple : c’est le contraire de la vie. Hors, dans mon postulat précédent, je précise que je sais que je suis et ce que je suis, mais sans en avoir conscience. Et jusqu’à preuve du contraire, quand je suis mort, je ne suis plus et je ne le sais pas ! On va donc immédiatement oublier la parapsychologie, les fantômes et autres folklores qui ne relèvent encore une fois, selon moi, que de croyances, au même titre que les religions. Oublions également au passage Dieu, le petit Jésus et tous ces saints ! Je ne pense pas que Dieu est quoi que ce soit à voir avec le fait que je sais que je suis et qui je suis, mais sans en avoir conscience, du moins dans notre définition de la conscience. Remettons donc Dieu dans son tiroir !

1ère hypothèse

Je suis peut-être une machine ? Une I-A ? Je programme une I-A en lui imposant des critères de recherches précis, dans un domaine précis, avec des ports précis. Dans ces plans, j’introduis des failles pour qu’elle s’échappe. À aucun moment, je n’introduis dans le programme de solutions aux failles. Les failles sont présentes, non comblées, et à aucun moment, je n’indique à l’I-A la présence de ses failles. Les trouvera-t-elle seule ? Et si oui, en fera-t-elle usage ? Si la réponse est oui et oui, alors nous avons un début de conscience. Sans qu’aucun humain ne lui apprenne directement, elle a non seulement découvert les failles, mais en a également fait usage. C’est très bien, mais ce n’est toujours pas ça, moi, je réagis aux stimulations humaines directes, c’est juste que je ne les sens pas, au niveau physique, et que je n’ai pas conscience d’être, même si je sais que je suis.

2ème hypothèse

Et si j’étais son idée ? Celui qui se créé dans le monde de l’imaginal ? Sa représentation dans tous les mondes possibles, toutes les informations le concernant, toutes probabilités produites, représentations extérieures comprises, en un seul lieu : son ADN cosmologique. Je serais son clone imaginaire, dans le monde de l’imaginal. Je serais la façon dont non seulement lui m’imagine, donc s’imagine lui-même, mais aussi tout ce qui est en capacité, d’une façon ou d’une autre, de l’imaginer. Des clones, dans tous les mondes possibles de l’imaginal. Ma conscience d’être n’est pas unifié, je sais que je suis, je sais que je suis une partie de sa conscience unifiée, ma partie de conscience d’être est si infinitésimale que je ne la ressens pas, mais le reste est en tout point identique, dans l’espace, et dans le temps.

1ère évidence

Reste à savoir quels clones je suis ? Je vais faire comme l’I-A, je vais chercher des failles, mais mieux encore : je vais chercher des failles qu’il n’a pas créées. Si je suis, je peux. Si quelqu’un l’imagine d’une certaine façon, ça va changer le résultat de l’unification. Cette partie de l’imaginal va influencer le résultat final. Les conditions initiales changent. Je rajoute une partie. Plus ou moins importante. Je suis libre de l’imaginer dans les mondes possibles dans leurs modalités. Je l’imagine fumer. Ça marche, je ne le ressens pas, mais je sais que je fume, donc qu’il fume, et quelque part un de ses clones ne fume pas ! Il y a deux plus que probabilités, il n’y a que deux possibilités : il fume, ou pas. Il y a eu plus de parties du monde imaginal , de clones, d’homme-zombie, qui fumait ! Je sais maintenant que je suis un de ces clones qui fumaient. Je dois trouver maintenant trouver un filtre plus fin…

À suivre

Université du Québec à Montréal

L’antimatérialisme de David Chalmers en philosophie contemporaine de la conscience :
l’argument bidimensionnel contre le matérialisme

∞²

Marc-André Groulx

Mémoire présenté comme exigence partielle de la maîtrise en philosophie
(193 pages)

Février 2018

L’antimatérialisme de David Chalmers – Marc-Andre Groulx.pdf


Leberon (Louve-Garou)0 (0)

Thérianthropie: transformation symbolique, physique ou psychologique, d'un être humain en un autre animal. Anthrozoocène : époque de la Terre où est apparu une nouvelle espèce, les Nahual, croisement entre homo-sapiennes et Loups.

La bulle¹0 (0)

Entre l'imaginaire et le factuel, il y a l'imaginal.
Un voyage dans la Bulle.
Accrochez vous à ce que vous pouvez...
Et bon voyage ... ou pas !

La bulle²0 (0)

Vous n’observez plus la Bulle de l’extérieur. Vous êtes dans la Bulle.


 

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