Vuèg (Vide)


Vous ne me croirez sans doute pas, mais j’ai su, dès que j’ai fermé les yeux, que ça allait dérailler. Avant même d’avoir posé le pied sur le sol (soit disant) solide, je savais que quelque chose de puissant allait se passer. Et c’est arrivé.

Il n’y a plus de sols et je m’envole. Je suis aspiré tel le liquide par le siphon. Ce que je vous raconte est vrai, totalement vrai : je m’enfonce dans le vide en tourbillonnant. Ce que je vois ce n’est pas grand-chose et c’est logique, vu que j’ai les yeux fermés. Suivez un peu, merde ! Donc je m’enfonce dans le sol tel le papillon dans la chrysalide. Je sais que normalement, il en sort, mais là, il y rentre, et ne m’emmerdez pas, c’est mon papillon, je fais ce que je veux avec ! Putain, je m’enfonce encore ; c’est longuet là. J’ouvre les yeux, donc je vois. Logique encore bande d’andouilles ! Je commence à voir le fond. Je vais taper dedans. Il semble se refermer. Je continue à m’en approcher. Je trouve un peu trop vite quand même. Je me mets de face, ça ralentit ma chute. Je prendrais quand même le sol dans la gueule, mais un peu moins vite. Ça compense un peu. Je regarde autour de moi. Un mur. Circulaire. Il y a des images et des inscriptions sur le mur. J’essaie d’en voir une au hasard. Je vais trop vite. Je m’approche du mur. J’en lis une : « Tu vas te ruiner en atterrissant ». Si fait… Je me ruine…

 

J’ai atterri. Je suis à environ 1 mètre de profondeur dans un trou rond sans portes avec pour seule sortie le haut. Une seule sortie : j’en viens. Il y a des images et des inscriptions ici aussi. Je regarde une image. Je ne peux pas vous dire ce qui il y a dessus, mais il me regarde. Il cligne des yeux en me regardant. Il me suit du regard. Il y a une inscription : « – tu ne vas pas remonter. ». L’entrée est face à moi, mais vers le haut. Elle devrait être en face de moi, mais sur mon horizon, pas sur mon zénith. À moins que ce ne soit moi qui suis couché. Je vérifie. Je ne peux pas vérifier., je n’y arrive pas. Bon si la Lune est au-dessus de moi, face à moi, j’en déduis que je suis couché. Pourquoi ? Ce dont je suis déjà certain, que c’est l’entrée et la Lune sont parfaitement alignées. Enfin, soit elles sont parfaitement alignées, soit elles ne sont qu’une. Si la Lune bouche l’entrée, je suis dans la merde, la vraie. Va pousser la Lune pour sortir toi ! Quant au début, je vous disais que ça allait dérailler, je ne vous avais pas menti : ça déraille sévère ! Bref, je suis couché, du moins, me semble-t-il, et je ne peux pas bouger pour le vérifier. C’est anormal, mais ça me semble normal.

– qu’est-ce qui s’est passé ?

– il est tombé du toit.

– suicide ?

– je ne sais pas…

Je suis couché par ce que je ne pouvais plus rester debout.

FIN


Le dîner0 (0)

Une étrange invitation à un excellent dîner, mais composé de quoi ?

Vodança (Vocation)0 (0)

On échappe pas à son destin...

LSD0 (0)

Laurent-Sylvain Déraille, dit LSD, sa copine Plume et son chien Asmodée prennent vie et dialoguent avec leur écrivain, Pateur ! C'est tranchant, sanglant et (très) impudique !


 

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