Vodança (Vocation)


« – Qu’est ce que tu veux faire plus tard comme métier Simon ?
– Tueur en série madame !
– Tueur en série ? Mais ce n’est pas un métier ça Simon ?
– Si madame, c’est ma passion et je veux en faire mon métier ! »

Ça c’était il y a 16 ans, j’avais 10 ans, et c’était une question de ma maîtresse de CM2. J’avais déjà essayé de tuer une fille de ma classe qui m’énervait. Je n’ai pas réussi. Bon, avec le recul, je me dis que tenter de la tuer en l’étranglant avec une peau de banane, ce n’était peut-être pas la meilleure méthode. J’aurais dû mettre la peau de banane en haut du grand escalier qui menait à l’étage des classes, elle aurait glissé et paf ! Mais j’ai laissé tomber, elle s’en est sortie, puis : « – il ne faut pas revenir en arrière. ». C’est ce que me disait toujours papa quand il insultait un gars en voiture plus grand que lui et qu’on foutait le camp vite fait ! Bref, me voilà donc toujours avec mon envie de trucider des filles et le grand jour est arrivé enfin : c’est aujourd’hui. J’ai trouvé une jolie victime, une collègue de travail, Karine, secrétaire aussi jolie qu’un camion de glaces que conne comme un balai sans manche !

J’avais tout calculé au millimètre : son heure de sortie, le chemin jusqu’au parking, le chemin qu’elle prendrait pour y arriver, et le temps qu’elle mettrait pour parcourir le trajet jusqu’à sa voiture. J’avais trouvé un endroit pour me cacher : le local à extincteur. C’était une pièce avec une porte en métal, sombre et discrète. Et me voilà caché dans ce local, vers 17 heures, à l’attendre. 1er problème : je suis dans le local fermé, mais je vois rien, il n’y a pas de fenètre, ni de trou de serrure. C’est balo, je n’avais pas pensé à ça ! Bon, je savais que dans le métier de tueur en série, il y avait toujours des impondérables, donc je ne me suis pas affolé. J’attendais tranquillement quand j’ai entendu ses talons hauts comme la tour de Pise claquer sur le sol bétonné du garage. Je ne sais même pas comment elle faisait pour marcher avec des trucs pareils d’ailleurs ! Bref, j’écoutais pour déterminer quand elle allait passer devant la porte et passer derrière elle pour la choper. Une fois que je me suis dit que c’était bon, j’ai clenché et là : porte fermée ! C’est quoi ce bordel ? J’arrivais pas à ouvrir la porte ! Alors en fait, elle se verrouillait seule, et du coup, j’étais enfermé à l’intérieur ! Et là 1er drame : je sens un truc me gratter sur la jambe ! Putain, une blatte, je déteste ça ! J’ai tapé une crise dans le local et je me suis mis à crier comme un dératé en tapant sur la porte ! Bien sûr, comme vous l’imaginez bien, c’est elle qui est venue m’ouvrir :

« – Qu’est-ce tu fous là Simon ?
– Je voulais vérifier que l’extincteur était bien là et je me suis enfermé, c’est con hein ?
– Ah c’est con oui! Et il est là l’extincteur alors ?
– Oui, oui, c’est bon il est là !
– Bon tout va bien alors. À demain Simon.
– Oui… À demain ! »

Je l’ai regardé partir en pensant à mon père et son « – il ne faut pas revenir en arrière. ». Sauf que là, elle était devant moi, de dos ! Donc réflexion faite, je me suis dit que je lui sautais dessus par-derrière, j’allais en avant, pas en arrière ! Et me voilà, à pas de chats, m’approcher d’elle par-derrière, donc. Et là, 2 ème drame : je glisse sur une tache d’huile et je m’étale de tout mon long ! Elle se retourne et me voit par terre :

«  – Ça va Simon ?
– Oui, oui, j’ai juste glissé !
– Tu t’es pas fais mal ?
– Non, non, ça va !
– Bon ok, tout va bien alors. À demain Simon.
– Oui, oui, à demain. »

Et je la vois monter dans sa voiture et partir ! Je venais de rater mon deuxième meurtre ! J’étais remonté comme une pendule, et je me disais que je ne devrais pas rater le troisième. Je savais que tueur en série, c’était ma vocation, et que rien ne devait me détourner de mon but. J’avais lu dans les nombreux livres là-dessus que la plupart de ces gens avaient d’abord tué des animaux, donc je me suis dit que je devais m’entraîner, et je me suis donc parti chercher un chien à tuer.

Je suis sorti du garage et je suis parti me promener vers des lotissements où j’en ai repéré un. Très beau : tout noir, assez gros ! Voilà, ce sera ma 1 ère victime. Je m’en suis donc approché en lui parlant gentillement. Il avait l’air si gentil. Et bien en fait : non ! Quand j’ai approché ma main, ce con m’a grogné en bavant, et non seulement ça, mais en plus, il m’a couru après tous crocs dehors ! Je n’ai probablement jamais couru aussi vite de toute ma vie ! Je me suis réfugié dans une cabine téléphonique ! Pensez-vous qu’il se serait barré ? Même pas : ce con s’est couché devant la porte de la cabine ! Alors évidemment, je me demandais comment j’allai sortir de là sans finir en croquette géante pour cet abruti de chien ? Et là vous n’imaginez même pas ce qui a pu se passer, parce que c’est juste… Inimaginable ! Vu que j’étais dans une cabine, je me suis dit que le mieux était d’appeler la Police ! Pour un tueur en série, ou presque, pas terrible comme idée ! Donc j’ai fouillé dans ma veste pour voir si j’avais un autre numéro à appeler ? Et en effet, j’en avais bien un, mais vous savez lequel ? Celui de Karine, la secrétaire que je venais de rater dans le parking ! C’est le seul que j’avais parce que c’est elle qui fallait appeler pour les retards, et comme j’en étais le spécialiste, je l’avais sur moi ! Donc je l’ai appellé et je lui ai expliqué la situation :

« – Salut, c’est Simon…
– Mon pauvre Simon, la vie s’acharne sur toi. Il y a un extincteur dans la cabine ? Bon, j’arrive ! »

Elle est arrivée 10 minutes plus tard, et non seulement elle se foutait de moi, mais en plus cet enfoiré de chien à été super gentil avec elle ! Et elle m’a donc délivrée de ma prison cabinesque et évité de finir en pâté Whiskas ! Voyant la situation, je me suis dit : « – tente ta chance, faute de la trucider, essaie au moins de la sauter ! » Je lui ai donc proposé un verre chez moi, et vous savez ce qu’elle me répondit ? Oui !

Nous voilà donc arrivés chez moi. Après quelques verres et quelques joints, je tente l’approche disons un peu plus directe. Donc je m’approche d’elle, et là, je sens un truc bizarre au bas de mon ventre, une douleur vive, je regarde : j’avais un couteau planté dans l’abdomen ! Je ne comprenais pas trop ce qui se passait. Je suis tombé par terre et elle m’a regardé avec un regard terrifiant :

« – Tu es ma 1ère victime Simon !
Quoi ?
Tu ne te souviens pas de moi ?
Si tu es Karine, la secrétaire ?
Oui, mais j’étais aussi dans ta classe, en CM2, quand tu as dit que tu voulais devenir tueur en série ?
Ah oui, je me souviens de toi !
Et bien voilà Simon, c’est ce jour que tu m’as aidé pour trouver ma vocation : tueuse en série ! Merci et adieu, Simon. »

FIN


Le dîner0 (0)

Une étrange invitation à un excellent dîner, mais composé de quoi ?

Vuèg (Vide)0 (0)

Une chuuuutttteeeeeeeee....

LSD0 (0)

Laurent-Sylvain Déraille, dit LSD, sa copine Plume et son chien Asmodée prennent vie et dialoguent avec leur écrivain, Pateur ! C'est tranchant, sanglant et (très) impudique !


 

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