L’héroïne


Les cauchemars de votre enfance vous poursuivent parfois mentalement  toute votre vie. Le formatage y fait beaucoup. Le fameux long et sibyllin escalier rectiligne qui descend vers la sombre et menaçante cave en fait partie. Mais les fantômes ce n’est que des légendes… n’est-ce pas ?ne jolie petite maison, agréable et simplement dessinée, sur un étage, avec un jardin ni trop petit pour ne pas avoir l’impression d’être dans un pot de fleurs, ni trop grand pour ne pas y passer des plombes à l’entretenir. Elle est bien ici. On dit que c’est une maison qui vous choisit, pas vous qui la choisissez. La maison l’a choisie à elle. La maison et ses habitants l’ont choisie à elle. Encore vide d’ameublement, les pièces sont spacieuses. Les 3 chambres sont plus grandes à elles seules que son ancien appartement, la salle de bains est royale, parfaitement équipée, le salon et salle à manger très clair et vaste avec une cheminée, la cuisine très bien conçu et fonctionnelle, et dans cette cuisine, au fond à gauche en entrant par le salon, l’escalier qui mène à l’étrange cave. Pourquoi l’adjectif « étrange » lui a traversé l’esprit ? L’instinct sans doute, qu’elle n’écoutera, bien entendu pas, pas. Elle décide de visiter cette cave donc « étrange ». L’agent immobilier lui a expliqué que c’était immense, plusieurs pièces avec des couloirs, mais qu’il n’avait aucune idée à quoi ça servait, et il avait rajouté avec humour, mais un humour un peu coincé « – et je ne préfère pas savoir à quoi servait cet endroit finalement. ». Elle s’approche de l’escalier et commence à descendre. Descendre un escalier, c’est une action banale, quotidienne. Rien de transcendant. Donc elle descend sans craintes. Et puis pourquoi en aurait-elle, des craintes ? C’est maintenant chez elle, et elle y est seule… n’est-ce pas ?

Elle arrive devant la porte. Elle a une clé, mais elle était restée déverrouillée. Elle actionne la poignée et ouvre cette porte. C’est noir. Très noir. Aucune fenêtre. Elle actionne l’interrupteur de la lumière. Lumière qui, bien sûr, ne fonctionne pas, pour se croire encore plus dans une fiction horrifique ou des méchants zombies vont la déchiqueter. Elle sourit et continue la visite de sa cave. Le « sa » ne va pas leurs plaire. Une ombre passe. Elle ne la considère pas. Plus elle avance vers le fond de la cave où se trouve une porte qu’elle doit ouvrir, parce qu’elle le doit, ouvrir cette porte, au bout de ce couloir, plus il fait sombre et froid, mais elle avance, courageusement, sans vraiment savoir pourquoi courageusement. Car il n’y aucun risques… N’est-ce pas ?

Nous ne sommes pas dans une de ces micronouvelles tordues, écrites par des malades mentaux, qui voit des filles décharnées avancer vers d’hypothétiques portes dans des couloirs sibyllins, se faire couper en deux par des ombres, et se demander si les jambes qu’elle voit aussi loin du haut de son corps sont les siennes, en faignant d’en douter parce qu’elle sais très bien que si, ce sont ses jambes, et que ce sont ses viscères qui traînent au sol hors de son ventre.

« – Nous ne sommes pas dans une histoire horrifique , je ne suis pas l’héroïne décharnée, je ne vais pas finir coupée en deux, n’est-ce pas ? ».

FIN


Le fauteuil3 (1)

Vous êtes bien sûr qu'il n'y pas de fissures dans vos murs ?

Ils étaient dans le plus mauvais angle…0 (0)

La nuit où les neufs sont tombés...

Tête0 (0)

Elle aurait du se servir de sa tête au lieu de la perdre... Maintenant c'est trop tard !


 

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Malemort


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