Mortel abécédaire²: D-E-F


Davia – Grana (Graine)

Davia
Lundi 15 mars 2010 – Poussan

Je suis revenu en arrière avec elle. Je ne ressens pas le temps passé en la regardant. Je ne la vois pas ici et maintenant, je la vois inactuelle, comme elle était il y a 11 ans., et c’est tout à fait réel : je la vois physiquement comme elle était il y a 11 ans. C’est troublant, car j’en ai tout à fait conscience, mais ça ne changera rien pour la suite. Je l’ai recroisé après tout ce temps chez un ami commun à elle et moi, que je n’avais également pas vu depuis quelques années. J’ai été surpris et très déstabilisé de la revoir. Elle m’a invitée chez elle à une grillade quelques jours plus tard. Les retrouvailles ont été très agréables. Une jolie maison, assez isolée, bien camouflée, une fille, un compagnon-papa sympa. Un bien agréable moment autour d’une grillade, comme au temps d’avant.

Elle est jolie. Enfin, du moins tel que je la vois, puisque je vous rappelle que je la vois physiquement comme il y a 11 ans. Je ne la vois pas aujourd’hui, je suis dans une illusion d’optique parfaite. Et je le sais ! Je la vois telle qu’elle était il y a 11 ans, et la bête va prendre le dessus, ça, je le sais déjà. C’est troublant comme sensation. À ma pensée : « – je sortirais bien avec cette fille. » Je me réponds: « – je vais tuer cette fille. ». La machine mentale se met en route et enregistre ce qu’il fallait : elle est seule chez elle, le lendemain, jusqu’à 22:30.

Le lendemain à 18:30, je suis caché dans son jardin. Elle est là, allongée sur son canapé, endormie, et je la regarde à travers sa véranda… Ouverte. Ce qui va suivre est complètement dément. Il n’y aucune raisons, bonnes ou mauvaises, à faire ce que j’ai fait. La fameuse maxime « – un fou ne sait pas qu’il est fou ! » Tombe encore dans un torrent de sang. Je suis fou et je le sais parfaitement. Je suis entré dans la maison, l’ai frappé violemment au visage, lui ai fait avaler le GHB-C, puis l’ai amené dehors, dans le jardin . Ce qui a suivi a été apocalyptique. Surtout pour elle. Dans le genre humour très noir, je me dis : « – Tu voulais sortir avec non ? C’est fait ! » Très drôle ! Sic ! Ce n’est pas fait pour être drôle, ni maintenant, ni jamais. Cette fille ne m’a rien fait,. Je la connais, elle ne mérite d’être allongée au sol, dans son jardin, nue, à ma merci, dans cet état. Mais comme elle est inactuelle, ça n’existe pas. Le sang est noir dans le noir.

Pour la 1re fois, j’ai eu de la peine en faisant ce que j’ai fait. Probablement parce que je la connaissais et qu’il m’était donc difficile de la dépersonnaliser. C’était une terrible dichotomie dans ma psyché : je faisais ce que je faisais parce que je ne pouvais pas m’en empêcher, tout en me disant que je ne devrais pas faire ça. Si je n’avais pas été moi, si je m’étais vu en train de faire ça, je me serais empêché de le faire par tous les moyens. Mais comment ai-je pu en arriver là ? Qu’a-t-il bien pu se passer dans mon histoire pour en arriver là ? Je n’ai plus le souvenir d’avoir détruit son visage, mais ça doit probablement être moi, vu que déjà, je suis seul, et qu’il y a une grosse pierre tachée de sang, d’os et de chair, posée à côté de sa tête. Je te demande pardon Davia, je te demande pardon du plus profond de mon être et de mon âme. 

Ignorant de ces choses-là que j’étais, je pensais que je me débarrassais des fantômes du passé en faisant ce que je faisais, mais en fait pas du tout. J’en crée aussi des inactuels et les ramènent ici et maintenant. Je l’ai étouffée avec un des coussins de son canapé, posé sur son visage détruit, serré avec une ceinture. C’est rapide et quasi indolore, d’autant qu’avec le GHB-C et la douleur de son visage en charpie, elle était déjà inconsciente. Noir le coussin. Noir. Comme le sang en nouvelle lune. Toujours en nouvelle lune. Ce n’est pas un choix. C’est ainsi. Même la Lune ne veut pas assister au spectacle des poupées mortes et ouvertes.

Elaia & Freya – Binòm (Binôme)

Elaia
Freya
Mardi 10 août 2010 – Pézènes-les-mines

J’ai lu récemment dans un livre sur les tueurs en série que les binômes rassemblent les gens les plus inadaptés à vivre en société humaine. Nous sommes peu, dommage ou heureusement, selon le point de vue, et donc, par conséquent, ils nous est donc difficiles de nous croiser ou de nous rencontrer. Mais ce n’est pas impossible que cela arrive, d’autant plus avec la pire et la plus fantastique invention humaine depuis l’écriture : l’inter-pas-net. Et c’est ce qui s’est passé avec lui.

Je l’ai croisé sur un tchat. Perturbé le gars. Il voulait se travestir et été amoureux d’une fille de 18 ans, Elaia. Je la connaissais de vue, je la croisais dans le village. Assez jolie. Il était frustré. Il voulait être kidnappé, habillé en fille, et être gardé prisonnier à vie. Étrange fantasme ! Et comme de bien entendu, avec elle bien sûr : avec Elaia. Il voulait absolument savoir ce qu’elle pensait de lui. Je lui ai dit que le mieux était de lui demander. Il m’a répondu qu’il n’osait pas, car il ne savait pas comment il réagirait selon la réponse. Ce n’était pas très net : il voulait savoir et lui ferait du mal selon la réponse. Je le savais et lui aussi. Et j’avais compris également qu’il savait, et que donc, par conséquent, je savais aussi, que la réponse ne lui plairait pas du tout ! Il ne m’a pas cru un seul instant quand je lui ai dit que j’avais déjà tué 4 filles : Anaïs, Bérénice, Candice et Davia, je ne l’ai pas cru une seule seconde quand il m’a dit que tout ça ce n’était que des fantasmes, et que jamais il ne pourrait faire ça à Elaia. Il me disait fantasmer sur elle depuis… Toujours ! Curieusement, je l’ai cru quand il m’a dit qu’il ne l’avait jamais touché, que c’était resté totalement fantasmagorique. Et je savais aussi que ce n’était pas forcément une bonne nouvelle pour elle. J’avais senti dès le début qu’il commençait à décompenser, et que cette pulsion qui grossissait depuis 18 ans, sans n’avoir jamais eu la moindre soupape d’échappement, était sur le point d’exploser.

On a discuté pendant quelques mois, toujours sur l’Inter-pas-net. Ça restait très virtuel mais c’était quand même assez violent. Puis est arrivé le moment où je lui ai parlé par hasard d’une autre fille du village dans mon profil : Freya. Il m’a dit qu’il la connaissait. Elles étaient parfois ensembles. Je pense aujourd’hui, avec le recul, que ça été le déclencheur. Quand j’ai fait entrer Freya dans le jeu, c’est devenu instantanément réel et plus virtuel du tout. Je lui ai dit que Freya m’attirait, ça ne l’a pas choqué. Ça ne l’a pas choqué non plus quand je lui ai dit qu’elle ne m’attirait pas « normalement », mais que bien sûr, c’était des fantasmes, comme lui avec Elaia. Car tout ça ce n’était que des fantasmes, n’est-ce-pas ?

L’idée du binôme a finalement fini par s’imposer : il voulait être kidnappé, habillé en fille, et séquestré à vie avec Elaia, et moi, je voulais Freya. Donc on devait s’aider à avoir l’une et l’autre. J’avais l’endroit : une maison à Pézenes-les-Mines. Discrète, grande, très cinématographique ! Dans son scénario, il est habillé en fille, plutôt lolita, avec Elaia, dans une pièce. Je ne sais pas trop ce qu’il va lui faire, il ne me dit pas tout. Moi, je veux Freya. Donc on va les enlever une par une. C’est le plus logique : si on est deux, mieux vaut les enlever seule. Il faut que ce soit dans la foulée. Au maximum sur deux heures. Il faut que dans ce laps de temps, elles soient toutes les deux dans la maison. Je pense qu’il peut être violent. Ça le gênera, mais la peur de se faire prendre et l’excitation le pousseront en avant, je le sens.

Le plan était béton et s’est déroulé (presque) sans anicroches. La seule anicroche est qu’il a frappé Elaia dès qu’on la mit dans la voiture. Il lui a donné des claques et des coups de poings sur le visage. Il était surexcité. Plus encore que moi qui pensais à Freya, déjà dans la maison. On a démarré et on a fait la route jusqu’à la maison. Nous ne sommes plus dans le délire psychotique, c’est un délire long, qui dure. Et surtout : plus virtuel du tout : Elaia est allongée derrière, droguée, déjà tuméfiée, dans cette voiture de l’enfer sur cette route de l’enfer, et Freya est déjà dans une chambre, droguée, dans cette maison de l’enfer, vers laquelle, présentement, notre maléfique équipage se rend.

Nous sommes arrivés à la maison sans encombre. Rien qui ne puisse empêcher la suite. Il l’a amené dans une pièce en haut, opposée à celle de Freya. On s’est installés autour de la table de la cuisine pour fumer des joints. Vu la dose de GHB-C qu’elles avaient ingurgitées, l’effet durerait au moins 8 heures. Ça laissait du temps pour imaginer, s’exciter, se raconter… Et faire. Car cette étape s’est rajoutée : faire. Je ne sais pas, vu ce que nous nous sommes racontés, si nous étions vraiment conscients du “faire”. C’était effrayant. Dans cette maison, immense, en sachant que nous nous racontions ce que nous allions, tôt ou tard, faire réellement, c’était quand même terrifiant. Et excitant. Il voulait que je l’aide pour s’occuper d’Elaia. Lui couper la tête ! La belle affaire ! Il ne m’avait pas dit qu’il voulait lui faire ça ! Nous étions ici à la base pour que je l’enferme et le séquestre à vie avec Elaia ! Mais, en vérité, rien n’allait se passer comme prévu. La situation était pour le moins étrange : nous étions dans une maison inconnue, assis dans une cuisine, dans le noir, autour d’une table, et je parlais avec Braha, sa succube, qui voulait décapiter une fille. Ça déraillait totalement mais ça m’excitait.

Il fallait la tuer pour la décapiter. Il ne voulait pas lui faire ça vivante. Trop de sang. C’est tordu. Il me dit qu’il craint la vue de son sang, mais seulement si elle est vivante ! Voilà au point où nous en étions dans les abîmes de nos respectives folies ! Il doit la tuer à elle, c’est la sienne, et moi, je tuerais l’autre. Je ne sais pas comment, on verra. Il y avait un vieux garage à côté de la maison. Il y trouva une masse de 3 kilos avec un manche en bois et une machette Golog avec une lame longue de au moins 40 cm. Comme si c’était écrit qu’à ce moment-là, elle devait se trouver là. Quant à moi, j’y trouva une dague avec une lame droite, un peu plus petite, d’environ 25 cm de lame. Une vraie caverne d’Ali Baba du tueur en série ce garage !

La suite a été cauchemardesque. J’ai transposé, rien n’était vrai, comme un film. Je n’aurais pas aimé être à sa place, personne n’aurait aimé être à sa place. On est entré dans la chambre. Un noir ombreux. Elle était allongée sur un lit bas. Braha s’est mise accroupie à côté de son visage, avec un sourire pervers sur le sien, et elle a donné un coup de masse sur sa bouche. Pas très fort, mais quand même quelques dents brisées, un peu de sang. J’ai baissé son Jeans et sa culotte. Elle a retapée plus fort sur son nez avec la masse. Elle s’est mise à saigner plus sérieusement du nez. Elle a brutalement redonné un coup très fort sur sa bouche qui a explosé. Je vous avais dit que j’avais trouvé une dague dans le garage ? Je l’ai brutalement enfoncée dans son sexe. Elle s’est soulevée et est retombée. Il y avait beaucoup de sang. J’ai retiré brutalement la dague, emportant tout ce que contenait l’abdomen d’Elaia, puis Braha s’est mise à genoux au-dessus d’elle, à posée la machette sur son cou, et a appuyé. C’est tout. La tête s’est séparée du corps. Je pensais que ce serait plus difficile. On est dans une maison de l’horreur, devant une pauvre fille décapitée et éviscérée, et Braha était contente : elle souriait d’une façon éminente.

Il restait Freya. La mienne. Je me disais qu’elle ne souffrirait pas parce que j’avais triplé la dose de GHB-C. Totale sauvagerie. C’est humain parce que les autres animaux ne font pas ce que nous avons fait à cette fille par pur plaisir sadique. Je voulais l’autopsier entièrement, morceaux par morceaux, mais pas pour les mêmes raisons que les autopsies légales: moi, c’est parce que ça m’excitait. J’ai dit à Braha que je voulais faire ça. Elle ne m’a pas répondue, et nous nous sommes mis en marche vers Freya. Braha sa masse à la main droite, sa machette à la main gauche, et moi à côté, ma dague à la main gauche, marchant dans cette maison de l’enfer, dans ce couloir, dans le noir. Une porte se trouvait au bout de ce couloir, et c’est derrière cette porte que se trouvait Freya. C’était très cinématographique. Sauf que ce n’en était pas, du cinéma. On avait vraiment tué Elaia et nous nous dirigions bien, telle que décrit précédemment, vers le funèbre destin de Freya.

Ce qui s’est passé dans cette chambre est indicible et je n’ai aucune envie de le partager. C’est entre elle et moi, et par respect pour ce qu’il en reste, je ne peux décemment pas raconter ici ce qui s’est passé en détails. Il y avait 17 parties de son corps désassemblées quand nous avons fini. Pour Elaia en comparaisons, il n’y en avait que 3. Je vais vous laisser imaginer vous-mêmes comment elle a finie en 17 parties, mais n’oubliez jamais que la réalité est toujours plus forte que l’imagination… Je vous souhaite donc un bon voyage imaginal sado-pervers Jusqu’aux 17 morceaux…

J’ai abattu Braha à la fin de cette nuit, dans le massif du Caroux, dans un endroit très particulier : une plaine secrète au milieu des bois, où je vais parfois me ressourcer au milieu des Loups. C’était mon présent pour eux. Fin du binôme de l’enfer. J’ai repris ma route criminelle seul.


 


 

Mortel abécédaire¹: A-B-C0 (0)

Les confessions littéraires « À suivre » dérangeantes et hyper violentes d’un tueur en série suivant l’alphabet avec le prénom de ses victimes ! Il nous amène avec lui, en écriture interne, en « Je », dans les tréfonds labyrinthiques de sa propre psyché malade et malsaine, viciée et vicieuse, pélagique, jusqu’à une fin (très) inattendue.

Mortel abécédaire⁷ : Q-R-S0 (0)

Les confessions littéraires « À suivre » dérangeantes et hyper violentes d’un tueur en série suivant l’alphabet avec le prénom de ses victimes ! Il nous amène avec lui, en écriture interne, en « Je », dans les tréfonds labyrinthiques de sa propre psyché malade et malsaine, viciée et vicieuse, pélagique, jusqu’à une fin (très) inattendue.

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Un tueur en série, une étrange voix, des crimes atroces.. Ça va loin... Très... Trop... La vie est une boucle sanglante...


 

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