Mortel abécédaire³ : G-H-I


Garance : Maquina (Machine)

Garance
Lundi 4 avril 2011. Nantes.

Je dois lui imaginer une vie. Courte. C’est inattendu. Je dois imaginer une suite. Que je vais forcément connaître par la suite. Du moins en partie. Comme elle. En partie. Finalement, dans ce coté-ci de la réalité, tous est égal, il y a aussi de l’humour. Noir pour le coup. Très. Comme la nuit. Nouvelle lune. Le sang est noir dans le noir. Je sais qu’avec le GHB-C, la douleur est très atténuée. Je ne suis pas psychopathe, j’ai de l’empathie. Du moins une forme d’empathie. Physique. Je dois lui imaginer une vie qui vient de finir. Ça fait partie du Jeu et du Je. Je sais déjà comment ça finira. Avant elle.

Veux-je la sauver ? Oui.
Puis-je la sauver ? Non.
Suis-je prêt ? Non

Je vais donc imaginer sa vie, courte, on le sait déjà. Elle était née le jeudi 21 décembre 2006 à Montréal-les-Mines. Elle s’appelait Garance. Elle était la baby-sitter d’Héloïse. Elle crônit le lundi 4 avril 2011, nouvelle lune, qui n’a pas souhaitée assister au funeste spectacle de la désarticulation mentale et physique des poupées mortes. J’ai demandé à Héloïse si elle voulait regarder. Elle m’a répondue oui.

Le schéma physique est le suivant : cheville gauche, genou gauche, hanche gauche, bassin avant, poignet droit, coude droit, épaule droite, cage thoracique, épaule gauche, coude gauche, poignet gauche, bassin arrière, hanche droite, genou droit, cheville droite. Ces os seront réduits en poudre dans cet ordre sur un intervalle de 15 minutes.

Le schéma mental est le suivant : Héloïse est assise au sol, jambes croisées, et elle la regarde. Au fond de sa défonce au GHB-C, je pense qu’elle la voit. Je pense qu’elle se pense â son âge. Elle a une de ses poupées à la main. Une poupée qu’elle n’a pas vue depuis des années. Des années dans son monde. Est-ce que quelqu’un qu’elle connaît est là ? Elle se le demande, mais ne le sait pas. Elle est dans son temps et je pense qu’elle n’est déjà plus le nôtre. Il n’y a aucune poésie là dedans, elle ne voulait pas finir brisée en milles morceaux dans cette machine maléfique. C’est ainsi.

19:45

Début.
La cheville gauche est réduite en poudre.

19:48

Passage sur l’avant du bassin.

19:51

L’épaule droite est détruite.

19:53

Le son produit par l’écrasement de sa cage thoracique
n’est pas descriptible avec des mots, ni avec rien.
Il est des maux qu’il ne vaut mieux
ni voir, ni entendre, ni lire,
ni même penser.

19:56

Passage sur l’arrière du bassin.

19:58

La cheville droite a cédé.

19:59

Le clou du spectacle des poupées mortes.
Une boule fermée d’environ 50 cm de diamètre.
Sa tête pleine d’environ 30 cm de diamètre.
Cette boule en métal est autour de sa tête.
Cette boule passera
de 50 cm de diamètre,
À 5 cm de diamètre,
En 1mn.

20:00

Peu de gens peuvent regarder ça jusqu’au bout.
Avec tous les sens que recouvre le terme regard.
Physique et psychologique.
Je fais partie de ces gens.
Héloïse aussi.

Héloïse : Estalviar (Épargner)

Héloïse

Je ne les épargne pas, parce que je n’ai pas de raisons de le faire. Ni l’envie. Et je me rends parfaitement compte qu’il s’agit d’une mortelle inversion des normes. J’ai épargné Héloïse. Je n’avais pas de raisons de le faire, mais j’ai eu envie de l’épargner. Il s’agit encore ici d’une terrifiante inversion des normes. Quiconque qui soit dit « normal » aura envie de la sauver. Pas moi. Moi, je l’épargne. Je ne la sauve pas. Et moins encore que ce que je croyais à cet instant-là, mais ce sera une autre histoire. Je la laisse partir. Comment grandira-t-elle ? La reverrais-je ? Ces questions me paraissent malaisantes, une étrange sensation que oui, je la reverrais. Je tue mes autres victimes. J’ai la notion de la mort. Je sais que c’est définitif. Je détruis la représentation en tuant celle qui la porte. Je suis parfaitement conscient de ça. Je ne peux pas imaginer leurs futurs puisqu’elles n’en ont plus. Elles dernière-demeures dans les arcanes labyrinthiques de mes synapses viciées et vicieuses. Mais elle, Héloïse, en aura-t-elle un, de futur ? Je n’arrive pas à voir loin dans le temps. Je ne sais pas me projeter loin dans le temps, c’est comme un voile noir, et elle vient de soulever un coin du voile. Étrange impression. À bientôt, Héloïse…

Endeven (Destin)

Ingrid
Samedi 13 aout 2011. Frontignan-plage.

Je l’ai vu la 1re fois chez un ami à moi. Seule. 24 ans, cheveux longs, des yeux noisettes, assez grande et mince, en jupe, blouson en jeans… Et blablabla… Je me fous de tout ça en fait, moi je voudrais juste la sauter. Avec ce que j’ai bu et fumé, je ne pense pas à grand chose d’autres. La soirée se passe normalement, elle fume, trop, toute sortes de substances diverses, elle boit, trop, toute sortes de substances diverses, elle parle, trop, de toute sorte de débilités diverses. Et moi aussi, mais ce que j’imagine en la regardant, c’est… Trop ! Après environ 3 heures de stuporeuses rhétoriques Alcoolo-cannabique, elle se lève pour partir. Elle dit juste : » – Allez mode conduite pour Vic !!! ». Tiens donc : Vic. Bon. Mon oreille interne directement reliée à mon cerveau de mâle reptilien enregistre Vic, donc. Elle me fait la bise. Elle sent, selon le point de vue, bon pour ceux qui veulent, mauvais pour moi, une odeur de mort caractéristique des femelles humaines. J’imagine toujours le pire.

Environ 30 minutes plus tard, je suis sur la route de la plage, direction Vic, donc. Une fois passé cette route, il faut passer un bois. Il est tard, début mars, le désert. Ma première vision est un point rouge assez lointain, me semble-t-il décalé de la route, à droite. Je sais déjà que c’est un feu arrière de voiture, quoi d’autres ? Je ralentis arrivé à son niveau. Je m’arrête sur le côté. Il y a bien une voiture. Un accident ? Oui, un accident. Je ne vois pas beaucoup, il fait nuit noire, pas d’éclairage à cet endroit. Je m’approche. J’ai une étrange sensation qui commence à poindre au plus je m’approche de cette voiture. Un fond de ma mémoire me signale quelque chose, il y a bien quelqu’un au volant. Mort ? Blessé ? Mort, je ne pense pas, la voiture est sortie de la route assez violemment, mais n’a pas tapée d’arbre. Je m’approche. Un blouson en jeans. C’est bien Ingrid. Elle est KO. Je ne vois pas de blessures apparentes graves. Un peu de sang sur son visage. Elle semble dormir. Je la trouve très jolie. Désirablement abîmée. Dans la nuit je ne vois que ce qu’elle représente à mes yeux, je la dépersonnalise. Ce sang sur son visage est mon alliance de mort avec elle. C’est le déclencheur. J’éteins les phares de sa voiture. Je remonte à la mienne et la gare dans un petit chemin un peu plus haut. Camouflée. Je ne sais pas pourquoi je fais tout ça, ne vous demandez donc pas pourquoi je le fais, il n’y a aucune raison à ce que je suis en train de faire, et que je ne devrais pas faire. Je redescends à sa voiture. J’ouvre la portière, je détache sa ceinture de sécurité et la tire hors de la voiture. Elle s’affale par terre. Elle est toujours KO, mais je veux m’assurer qu’elle le reste. Je n’ai aucune notion de médecine d’aucune sorte, je ne connais rien à la résistance des os du crâne, donc le coup de pierre que je viens de lui donner sur le front l’a soit tuée net, soit mis out complet, en tout cas elle est figée, elle ne bouge plus.

Je ne vous cache pas que la situation est fort gênante. Je suis assis dans les bois, dans la nuit noire, sans éclairage, à côté d’une personne allongée, laquelle je ne sais toujours pas si elle est morte ou vivante. Je n’ai ni le souvenir de l’avoir entièrement déshabillée, ni celui d’avoir posé ce putain de couteau dans ma main ! En tout cas, elle est jolie. Le couteau aussi remarque. Manche en bois de cerf 12 cm. Sexe rasé et jolis seins fermes. Lame 18 centimètres en acier inoxydable. Ventre et abdomen plats. Comme s’il était écrit que tout ceci devait fusionner, ce couteau a donc rencontré 14 fois cet abdomen. Elle n’était donc finalement pas morte vu qu’elle gémit et que ça m’énerve. Même dans cet état, le ventre quasi en bouillie, les femelles humaines trouvent encore le moyen de brailler, geindre, se plaindre. Je la viole. Elle n’est toujours pas morte. Une lame de 18 cm ça traverse un cou humain entier ? Ah oui ! La vitesse où elle se vide de son sang est impressionnante. Elle produit d’étranges borborygmes, je crois qu’elle veut crier, mais vu que ses cordes vocales sont en purée, ça va être compliquée pour elle. Et plus encore maintenant qu’elle est morte.


 


 

Mortel abécédaire¹: A-B-C0 (0)

Les confessions littéraires « À suivre » dérangeantes et hyper violentes d’un tueur en série suivant l’alphabet avec le prénom de ses victimes ! Il nous amène avec lui, en écriture interne, en « Je », dans les tréfonds labyrinthiques de sa propre psyché malade et malsaine, viciée et vicieuse, pélagique, jusqu’à une fin (très) inattendue.

Mortel abécédaire⁷ : Q-R-S0 (0)

Les confessions littéraires « À suivre » dérangeantes et hyper violentes d’un tueur en série suivant l’alphabet avec le prénom de ses victimes ! Il nous amène avec lui, en écriture interne, en « Je », dans les tréfonds labyrinthiques de sa propre psyché malade et malsaine, viciée et vicieuse, pélagique, jusqu’à une fin (très) inattendue.

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Un tueur en série, une étrange voix, des crimes atroces.. Ça va loin... Très... Trop... La vie est une boucle sanglante...


 

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