Endevenida (Destinée)


Nous sommes partis en marche vers les arches. Une fois arrivés en haut, nous nous sommes assis et avons roulé des joints. Elle en a allumé un. Elle n’avait pas du tout l’habitude des herbes aussi fortes. Pour le coup, elle l’était moins elle-même, forte. De moins en moins. Elle était Stone, mais quand même encore suffisamment là pour dialoguer :

« – Ça craint que je me retrouve là, seule et défoncée, avec toi, je ne te connais pas.
Moi non plus. »

Elle me regarda bizarrement. Je continuai le dialogue :

« – De la musique ?
– Oui, OK. Quoi ?
The Doors – The end.
– Ah ! OK ! Je ne connais pas, mais j’aime bien. »

Est arrivé le moment fatidique de l’abus. Ou les deux personnages abusent de leurs 2 représentations. Elle se lève, enlève son blouson :

« – Je suppose que tu veux me baiser. 50 € ?
Non, je veux te tuer !
– Ça va être plus cher ?
Jolie répartie.
– Ça l’est ! »

J’aimai bien cette fille, ses petites taches de rousseur candides, sur son visage, cachaient son caractère. Ici, il en faut. La jungle urbaine. Et il en faut pour ce qui a suivi. Au demeurant, je n’avais plus idée que vous, chers lecteurs- trices, de ce qui allait se passer par la suite. Pour un peu, je me suis cru dans un roman ! Notre petit interlude s’étant terminé par lui faire savoir fermement que je ne cherchais pas une pute, je me rasseyais et continuais à fumer cette herbe diabolique. Lonely Haze. Et la brume allait devenir sévère.

« – Tu es tueur en série ?
– Oui. De roman.
– Et moi ? Je suis un personnage du roman ?
– Oui.
– Qui va mourir ?
– Oui.
– Comment ?
– Je ne sais pas.
– Pourquoi ?
– Ce n’est pas encore écrit. »

C’est ce que semblait encore me demander ses yeux séparés de leurs corps hôtes, posés au sol, à côté, à droite, de la tête qui les portait il y a encore peu de temps, et à gauche, le corps où reposait cette tête. Elle est morte le 14 mai 2014, à 18 h 00. Elle a raté son train, son destin, mais pas sa destinée.

FIN


LSD

Laurent-Sylvain Déraille, dit LSD, sa copine Plume et son chien Asmodée prennent vie et dialoguent avec leur écrivain, Pateur ! C'est tranchant, sanglant et (très) impudique !

La violoniste de Reims (et Elle)

Pourquoi Elle l’a tuée ? Il n’y avait aucune raison. Non aucune. Ni bonnes, ni mauvaises. C’est juste parce qu’Elle peut. Si la musique adoucit les mœurs, adoucit-elle les meurtres ?

Induction & Survie

Cette micronouvelle ne va pas être normale ! Qui a dit : « - ah ! il y a quelque chose de normal sur ce blog improbable ? ». Bref, je vais profiter de cette donc micronouvelle pour vous apprendre quelque chose : survivre.


 

L’Ogre de Santa Cruz

« Vers la fin je devenais de plus en plus malade, assoiffé de sang, et pourtant ces flots de sang m’emmerdent. Ce n’est pas quelque chose que j’ai envie de voir. Ce que je désire ardemment, par contre, c’est assister à la mort, et savourer le triomphe que j’y associe, mon propre triomphe sur la mort des autres. C’est comme une drogue, qui me pousse à en vouloir toujours plus. Je veux triompher de ma victime. Vaincre la mort. Elles sont mortes et moi, je suis vivant. C’est une victoire personnelle. ».

Mindhunter

Au cours des vingt-cinq ans passés au FBI, l'agent spécial John Douglas est devenu une légende vivante. Premier profileur de serial-killers, il a suivi et résolu des dizaines de cas, dont le dernier qui lui a presque coûté la vie.

Terres de sang : L’Europe entre Hitler et Staline

« Voici l’histoire d’un meurtre politique de masse. » C’est par ces mots que Timothy Snyder entame le récit de la catastrophe au cours de laquelle, entre 1933 et 1945, 14 millions de civils, principalement des femmes, des enfants et des vieillards, ont été tués par l’Allemagne nazie et l’Union soviétique stalinienne.

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Crime


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