Grégory, Muriel et Ingrid, Maëlys… : ils ne sont pas que des « affaires »


Mardi 16 octobre 1984. Le corps d’un petit garçon est découvert dans les eaux de la Vologne, à Lépanges-sur-Vologne (Vosges). Il se prénommait Grégory, il avait 4 ans.

Dimanche 3 novembre 1991. Les corps de deux petites filles sont retrouvés près de Saint-Maurice-De-Navacelles (Hérault). Elles se prénommaient Muriel et Ingrid, elles avaient 10 ans.

Mercredi 14 février 2018. Le corps d’une petite fille de 8 ans est retrouvé dans le massif de la Chartreuse (Isère). Elle s’appelait Maëlys, elle avait 8 ans.

Flashback

Mercredi 17 octobre 1984. Comme tous les soirs, avec mes parents et mes deux sœurs, nous regardons le journal télévisé, à 20 heures. Une information est donnée sur un petit garçon retrouvé mort dans les eaux de la Vologne, à Lépanges-sur-Vologne. Il se prénomme Grégory, il a 4 ans, j’en ai 10. La photo de ce petit garçon, sorti des eaux de la Vologne, va me marquer. Qui-est-il ? Pourquoi est-il emballé comme ça ? Que lui est-il arrivé ? Tellement de questions dans ma tête d’enfant. Je vais grandir avec quelque chose au fond de moi qui me hante, et ce, jusqu’à aujourd’hui, près de 40 ans plus tard : pourquoi tout le monde ne parle que de « l’affaire » Grégory ? Ce petit garçon n’est pas qu’une « affaire ». Il a eu une vie, courte, mais il a eu une vie. Il a été à l’école, il a eu une famille, des amis, des jouets, des rêves… Tout comme Muriel, Ingrid, Maëlys… Il n’est pas, elles ne sont pas que des « affaires ». Au travers de ces quelques mots, je voudrais que l’on ne se souvienne de ces enfants pour ce qu’ils étaient, pas seulement au travers de leurs « affaires ». Pas seulement pour leurs fins tragiques, mais pour eux-mêmes, pour leurs vies et leurs rêves d’enfants, pour ce qu’ils ont été, et pas seulement pour leurs destins brisés.

Ce n’est pas seulement des « affaires »

Lorsque vous écrivez sur des faits-divers, ce que je fais aujourd’hui, il est bien entendu nécessaire de garder une distance, de rester objectif. Aussi difficile que ce soit à faire, vous ne devez pas vous impliquer personnellement, ne serait-ce que pour ne pas sombrer. Vous n’êtes pas là pour juger, pour donner votre opinion, mais seulement pour décrire objectivement des faits, aussi durs soient-ils. Ce n’est pas ce que je souhaite présentement à travers ces mots. Je ne connaissais pas personnellement ces enfants, je n’ai pas de liens, d’aucune nature que ce soient, avec leurs familles ou leurs entourages. Je n’en connais que ce que l’on en donne dans les médias. Et ce que l’on nous donne, ce sont seulement leurs « affaires ». Grégory, Muriel, Ingrid, Maëlys : c’étaient des personnes, c’étaient des enfants, ce n’est pas seulement des « affaires ». C’est cela que je souhaite aujourd’hui que l’on n’oublie pas : ce n’est pas seulement des « affaires ».

Conclusion personnelle

Les personnes qui me suivent sur mes réseaux sociaux, mais également les personnes de mon entourage personnel : ma famille, mes amis, mes connaissances… Savent déjà probablement que j’écris également des fictions parfois particulièrement dures, ici, sur ce blog, mais ce n’est pas factuel, seulement imaginaire. C’est de cette façon que j’arrive à avancer et à rester objectif quand j’écris, justement, sur des faits réels. C’est de cette façon que j’évacue les images les plus difficiles, que j’arrive à ne pas me laisser hanter par ces faits réels. Bien entendu, l’esprit humain étant ce qu’il est, l’un nourrit l’autre, mais je trouvais nécessaire de faire cette justification : je cloisonne entre faits réels et faits imaginaires. Ma démarche est totalement différente selon que je décris un fait réel, objectivement, ou bien que j’imagine une fiction, subjectivement.

C’est donc avec tout le respect et la compassion que je dois à ces enfants, à leurs familles et leurs entourages que je me permets, aujourd’hui, de faire cette clarification au travers de cette conclusion personnelle, qui, je le répète, me semblait nécessaire.

FIN


Maëlys : une nuit en enfer0 (0)

Cet article contient le déroulement de l’enlèvement, de la séquestration et du meurtre de Maëlys de Araujo, 8 ans, à Pont-de-Beauvoisin, au cours de la nuit du dimanche 27 août 2017. La chronologie se déroule de 1 h 39 à 7 h 06. Les dialogues (non contractuels) sont les échanges tenus pendant le procès.

Mathieu Danel, l’homme qui voulait “connaître la sensation d’ôter la vie”0 (0)

Mathieu Danel a été condamné le mardi 18 janvier 2022 à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une peine de sûreté de 22 ans, pour le meurtre de Claire Reynier, le mardi 19 juin 2018, à Villevieille (Gard). Il a fait appel de sa condamnation le vendredi 28 janvier 2022.


 

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