------°À compter du 1er décembre, ouverture de la saison de Noël sur le blog, Les dindes vont êtes saignantes... N'oubliez jamais où vous êtes...

La violoniste de Reims (et Elle)

   


Place Royale de Reims

Lundi 21 juin 2021. 21 h 15.

Elle joue. Moi aussi. Je joue à la vie à travers mon voile de mort. Ce diaphane voile qui la sépare désormais des autres impétrantes et impétrants. Il n’y a pas de réponse à : « – Pourquoi elle ? ». Vous en chercherez, mais il n’y en a pas. Ce n’est pas de l’amour ou de la haine. C’est. C’est tout. Cela se suffit autant à soi même que elle même se suffit à elle même. La vie est une boucle. Le voile est devenu un suaire. Nous ne voyons pas, où plus, physiquement la même chose. Je ne la vois pas physiquement comme vous. Ma façon de l’appréhender est liée à ce qu’elle représente pour moi. Je ne la connais pas, je ne l’ai jamais vue. Elle joue magnifiquement bien. Un extrait de la 7e symphonie de Beethoven, quand même ! La violoniste de Reims. Je la trouve magnifique. Et Elle aussi.

La Lune pleine a bien voulu assister au spectacle des poupées mortes. Le sang n’est pas tout à fait noir quand elle est là, comme si elle-même voulait mieux voir. Je n’aime pas comment Elle les kidnappe, Elle les frappe, ce n’est pas bien. Elle l’a violemment giflée, elle est tombée au sol, Elle lui a fait avaler le GHB-C puis Elle l’a refrappée. Je n’aime pas quand Elle fait ça, c’est inutile. J’ai pris soin de son violon, puis je l’ai amené à la voiture. Je l’ai installé derrière. J’ai pris la direction de la forêt de Béru. Est-ce que je vais la tuer ? Oui. Pourquoi ? Comme : « – pourquoi elle ? », il n’y a pas de réponses. Vous en chercherez, mais il n’y en a pas ici non plus. Il n’y a pas de raisons pour que j’amène la violoniste de Reims dans la forêt pour la tuer. C’est irraisonné. C’est juste passionnel., pulsionnel, criminel, et parce que je peux.

J’aime avoir le temps. Avoir du temps pour laisser venir les idées et les réaliser. Elle est mon support. Son corps est mon support. Elle est allongée à côté de moi. Le GHB-C est en plein effet. Je le trouve désirablement victimaire. Elle est pieds nus. Elle porte un pantalon en toile et une chemise à manches longues, noirs. Son violon est posé à côté d’elle. Je la regarde en fumant un joint. J’ouvre son chemisier. Je le fais glisser vers ses épaules. Elle porte un soutien-gorge noir également, avec des petits balconnets. Je dégrafe son pantalon et je le fais glisser sur ses chevilles. Sa petite culotte classique est assortie au haut, noire. Elle gémit un peu. Elle la gifle. Sur la joue droite. Mon imagination est à son maximum. Ma perversion aussi. Ce que je sais que je vais faire est donc un mélange des deux. Un mélange fuligineux. Pour elle.

Est-ce qu’Elle est là ? Oui. Est-ce qu’elle est là ? Non. Elles ne sont jamais ensembles, quand Elle arrive, elle s’en va. Elle ne la connaît pas, elle ne le connaîtra pas. La Lune a détourné le regard. Même elle. Au moment où la destruction du centre du monde a eu lieu. Avec le couteau de chasse. La proie. Toujours. Et la prédatrice. Humaine et Féline. Qui peut tuer pour une autre néccéssité que se nourrir ? Par défense. Par vengeance. Par jeu. Par perversion. Par envie. Par folie. Parce qu’Elle peut. Parfois tout ça en même temps. La violoniste de Reims ne respire plus. C’est mieux pour la suite. Je regarde la Lune dans les yeux pendant qu’Elle fait remonter le couteau. Je sais, je sens qu’elle a ouvert son abdomen, mais je n’ai pas encore regardé, et je vais devoir. Je n’ai jamais vu ça. Pourquoi Elle a fait ça ? C’est le contrat mental, il faut que je regarde et je vais devoir regarder. Je regarde.

Pourquoi Elle pose un drap sur son visage ? Évidemment que je sais pourquoi, je ne suis pas folle, moi j’ai encore un semblant de normalité, et je ne pourrais jamais faire ce qu’Elle va faire. C’est abyssalement pélagique. Elle a mis sa tête sur le côté, puis fait glisser le couteau de chasse sous le drap. Les mouvements et le sang sous le drap ne laisse planer aucun doute quand à ce qu’Elle est en train d’exécuter. Les sons sont atroces. Elle est terrifiante. Comment j’ai pu me trouver avec un personnage comme ça dans la tête ? J’ai retiré le drap. Le contrat mental. Bon OK. Une tête séparée d’un corps et après ?

Dans mon lit.
Mardi 22 juin 2015. 8:02.
Quel étrange rêve lucide.
Elle est déjà là.

FIN


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Tant corta, intensa... Si courte, intense...

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Laurent-Sylvain Déraille, dit LSD, sa copine Plume et son chien Asmodée prennent vie et dialoguent avec leur écrivain, Pateur ! C'est tranchant, sanglant et (très) impudique ! L'image de la faim est un dessin de Ottis Elwood Toole. Contient des passages violents.

Nuit-6690 (0)

669 maux. Contient des passages violents.

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