Le fauteuil


Alors que comme chaque soir depuis bientôt 20 ans, Madeleine B. pouvait enfin souffler quelques minutes après une harassante journée aux champs, elle décida de s’asseoir quelques minutes pour lire une nouvelle sur ce vieux fauteuil noir, installé contre le mur, qui semblait trôner à cet endroit précis depuis plus longtemps qu’elle encore. Alors qu’elle était assise depuis quelques minutes, elle sentit une très légère secousse dans son dos, mais derrière le fauteuil. Assez forte pour qu’elle la sente, mais pas pour qu’elle s’en inquiète. Tout comme l’ombre qui grandissait derrière elle sur le mur, pas encore assez étendue pour qu’elle la voit, mais déjà assez pour que ce soit trop tard. Une forme se dessine. Plus ou moins, mais plutôt moins, humaine. Un autre coup derrière le fauteuil plus fort. Assez pour déchirer le cuir et piquer la peau de la vieille. Qui sursaute, mais trop tard. Le 3e coup transperce ce qu’il reste de l’armature du fauteuil, puis l’abdomen avant de ressortir devant. Madeleine regarde. Elle ne comprend pas : est-ce que c’est bien au travers de son ventre que se trouve ce bras ? D’où sort-il ? Si ce sont bien ses organes à elle qu’elle voit sur ses genoux, et que c’est bien au travers de son ventre que se trouve ce bras, alors elle se dit qu’elle va mourir. Mais elle ne sait toujours pas d’où sort ce bras. De l’ombre ? « – Ça y est, c’est maintenant ? » , demande-t-elle à voix haute. Non, pas encore, mais elle voit, elle voit ce qu’elle n’aurait pas du voir, elle voit l’imagination, ce qui est, et ne peut être, qu’imaginatif. On a mal quand on imagine ? Probablement pas, alors pourquoi ce bras dans son ventre lui fait mal à ce point ? Ce ne peut être ni son estomac, ni son foie, vu qu’ils se trouvent sur ses genoux. L’Ombre grandit, il n’y a pas de tunnel, pas de lumière au bout. Elle sent que l’ombre tourne parce que maintenant, elle vient de droite, et se retrouve face à elle. Le bras ne peut donc pas être le sien, puisque l’ombre est face à elle, comment cela pourrait-il être le cas ? Elle se dit qu’elle n’est toujours pas morte, parce que quand on est mort, on ne le sait pas. L’ombre est devant elle, immense. Et elle vient de comprendre d’où sort le bras qui est relié à elle ne sait pas qui, pour autant qu’il soit relié à quelqu’un, et d’où vient l’ombre : du mur. Cette ombre qui va la détruire, et son bras armé au milieu de son abdomen explosé, sortent du mur. Vous êtes bien sûr qu’il n’y pas de fissures dans vos murs ?

FIN


Ils étaient dans le plus mauvais angle…0 (0)

La nuit où les neufs sont tombés...

Tête0 (0)

Elle aurait du se servir de sa tête au lieu de la perdre... Maintenant c'est trop tard !

L’héroïne0 (0)

Tout ça ce n'est que des légendes... N'est-ce pas ?


 

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