Mortel abécédaire⁶: P


Perfial (Profil)

Ça fait tellement longtemps que j’ai touché le fond que je ne sais même plus comment c’est en haut. Le bien et le mal sont des concepts qui me sont inconnus. Je ne peux pas déterminer exactement le moment de ma vie où ces concepts se sont effacés de mon idiosyncrasie. Ce que je peux déterminer, c’est l’instant où mon esprit bascule. Je la vois, la regarde, et sur le moment, rien n’est anormal. Il n’y a rien de différent avec n’importe qui d’autre de la façon dont je la conceptualise. Puis du fait des concepts de bien et de mal précités qui me sont inconnus, mon esprit bascule. Je ne la désire plus comme tout à chacun, je la désire autrement, elle devient l’objet de la représentation, de la façon donc je conceptualise la représentation, et plus elle en personne. Je ne veux plus qui elle est, mais seulement ce qu’elle représente pour moi. Et ce qu’elle représente, je veux le posséder et le détruire. Je ne sais pas si mon inconception du bien et du mal sont liés à la représentation que j’en acquiert au moment où mon esprit bascule, mais ce que je pense en comprendre, c’est que tout ces paramètres liés font qu’il se passe ce qui se passe. Il n’y a pas de menaces, c’est facile. Elles sont faibles, physiquement, mentalement. Je ne fais que me servir. Vous détestez probablement cette expression, et je le comprends très bien. Mais pour moi, c’est ça : je me sers. Elles sont là, et je me, et je m’en, sert. Il n’y a pas, ou je n’ai pas, d’explications à mes choix de victimes. Je les cible, les veux, les viole, les tue. Je ne sais pas d’où ça vient, probablement un gloubi-boulga mental mêlent des tas de saloperies de mon passé, mon présent et mon futur. Je les efface, en les découpant, je les efface. Je les désunifie physiquement après les avoir désunifiées mentalement. Je venge mon passé, je remplis mon présent et j’assure mon futur en les désunifiant. Je détruis leur visage, en particulier leur bouche, avec une pierre. La pierre est importante. Ce n’est pas un hasard que ce soit une pierre. Ni la bouche. Il y a quelque chose de la parole, du cri. Ça criait tout le temps quand j’étais petit, tout le monde criait. J’étais petit, je criais aussi, fort, mais on ne m’entendait pas, j’étais trop petit. Alors maintenant, je détruis leur bouche avec une pierre en criant et sans regarder. J’enlève leurs têtes. C’est comme les poupées. J’enlevais leurs têtes aux poupées. Au début, je les enlevais à la main, j’aimais bien, ça me faisait un truc sexuel, puis ensuite avec tout ce que je pouvais qui coupait : couteaux, scies, ciseaux… Je le fais toujours, ce sont mes poupées, comme mes poupées, et je leur enlève leurs têtes. Je joue avec. Sur les poupées, j’enfonçais toujours un truc dans les yeux. Pointus. Je le fais toujours sur mes poupées d’aujourd’hui. C’est pour le regard. C’est le regard que je sens sur moi de l’extérieur. L’extérieur est toujours une menace. Toujours. Hors de moi, point de salut ! J’ai l’impression qu’elles me regardent quand j’ai leurs têtes tranchées devant moi. J’ai l’impression qu’elles me regardent. Je n’ai pas une définition de la mort tout à fait courante. Ce n’est pas « stop » et c’est tout. J’ai une vie après leurs morts. Et avant. Et pendant. J’en suis à 14 victimes. Héloïse a été épargnée. J’ai vacillé. C’est la 1re pierre dans l’engrenage. Nous sommes trois à savoir qui je suis : je sais qui je suis, il sait qui je suis, elle sait qui je suis. L’Abîme a trouvé la faille.

Pourquoi il lui détruit le visage ?

Il la frappe. Claques, coups de poings. Sur le visage. Hormis détruire son sexe et ouvrir son abdomen (avant ou après ?), il ne détruit que la tête, jusqu’ a décapitation.

Généralement, il fracasse sa bouche avec quelque chose en pierre : pierres elles-mêmes, barres en béton, briques… (Praticité ou significatif ?)

Le nez est toujours fracassé avec la même pierre, très violemment, il n’existe quasi plus.

Les yeux sont crevés en surface avec le même couteau que l’éventrement (Avant ou après?)

La décapitation se déroule toujours de la même façon :

  • Le couteau, toujours le même, est enfoncé de 5 centimètres dans l’artère gauche du cou. Le sang se vide rapidement.
  • Le couteau est tourné vers le haut et découpe la chair en faisant le tour complet du cou.
  • La tête n’est plus retenue au corps que par les vertèbres et la moelle-épinière.
  • Les vertèbres et la moelle-épinière sont coupées au couteau. La tête est séparée du corps.

Constat : tout est réalisé dans le même ordre, avec méthode, il suit son scénario mental. Il a ses outils : couteau, drogue, oreiller, liens, pierre…

  1. Il détruit son visage pour effacer son image humaine.
  2. Il détruit son sexe pour effacer son image féminine.
  3. Il l’étouffe avec l’oreiller et la ceinture pour ne pas la toucher pour la tuer.
  4. Il ouvre son ventre pour chercher une réponse de l’époque in-utero.
  5. Il crève ses yeux pour ne pas qu’elle le regarde.
  6. Il enlève sa tête pour la désunifier et l’effacer.

La décapitation est nette, propre, pas une boucherie, très méthodique. Comme le bout du tunnel. Tout se calme.


 


 

Mortel abécédaire⁷ : Q-R-S

Les confessions littéraires « À suivre » dérangeantes et hyper violentes d’un tueur en série suivant l’alphabet avec le prénom de ses victimes ! Il nous amène avec lui, en écriture interne, en « Je », dans les tréfonds labyrinthiques de sa propre psyché malade et malsaine, viciée et vicieuse, pélagique, jusqu’à une fin (très) inattendue.

Mortel abécédaire¹: A-B-C

Les confessions littéraires « À suivre » dérangeantes et hyper violentes d’un tueur en série suivant l’alphabet avec le prénom de ses victimes ! Il nous amène avec lui, en écriture interne, en « Je », dans les tréfonds labyrinthiques de sa propre psyché malade et malsaine, viciée et vicieuse, pélagique, jusqu’à une fin (très) inattendue.

Mortel abécédaire²: D-E-F

Les confessions littéraires "À suivre" dérangeantes et hyper violentes d’un tueur en série suivant l’alphabet avec le prénom de ses victimes ! Il nous amène avec lui, en écriture interne, en « Je », dans les tréfonds labyrinthiques de sa propre psyché malade et malsaine, viciée et vicieuse, pélagique, jusqu’à une fin (très) inattendue…


 

L’Ogre de Santa Cruz

« Vers la fin je devenais de plus en plus malade, assoiffé de sang, et pourtant ces flots de sang m’emmerdent. Ce n’est pas quelque chose que j’ai envie de voir. Ce que je désire ardemment, par contre, c’est assister à la mort, et savourer le triomphe que j’y associe, mon propre triomphe sur la mort des autres. C’est comme une drogue, qui me pousse à en vouloir toujours plus. Je veux triompher de ma victime. Vaincre la mort. Elles sont mortes et moi, je suis vivant. C’est une victoire personnelle. ».

Mindhunter

Au cours des vingt-cinq ans passés au FBI, l'agent spécial John Douglas est devenu une légende vivante. Premier profileur de serial-killers, il a suivi et résolu des dizaines de cas, dont le dernier qui lui a presque coûté la vie.

Terres de sang : L’Europe entre Hitler et Staline

« Voici l’histoire d’un meurtre politique de masse. » C’est par ces mots que Timothy Snyder entame le récit de la catastrophe au cours de laquelle, entre 1933 et 1945, 14 millions de civils, principalement des femmes, des enfants et des vieillards, ont été tués par l’Allemagne nazie et l’Union soviétique stalinienne.

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