Nuit-669

Je ne sais pas qui c’est. Je l’ai croisé au hasard. Je l’ai frappé, violé, étranglé, violé, éviscéré, violé, décapité, violé et mangé. Je ne sais même pas son prénom.

— Tiffen.

– D’accord.

– Donc vous avouez le meurtre, ainsi que les actes de tortures et de barbaries, sur la personne de Tiffen Verno, née le samedi 3 mars 2007, à Saint-Pons-de-Thomières, le jeudi 3 mars 2022, à Saint-Pons-de-Thomières ?

– Oui.

Je savais déjà que j’allais descendre en enfer. Dans l’abîme. Avec lui. Dans sa bulle. Refaire le film d’horreur. Je n ‘avais déjà pas l’habitude des interrogatoires, et je me retrouvais avec ce type dans ce bureau, que j’ai arrêté près d’un campement d’ado, qui vient de m’avouer, je cite et rappelle : « Je l’ai frappé, violé, étranglé, violé, éviscéré, violé, décapité, violé et mangé. ». La façon froide dont il me répondait, dans ce bureau, en pleine nuit, me pétrifiait. Il allait me raconter le pire. Il était prêt. Et je ne décelais pas de changement profond dans sa personnalité. Il était très linéaire. Et j’étais assez content de ne pas l’avoir démenotté. Il savait que c’est ce que je me disais. Ici, il est Je. Ces gens sont extrêmement dangereux. Ils ont une notion et une perception du réel biaisé. Ils peuvent parfaitement et volontairement vous faire confiance, mais si l’idée leur traverse l’esprit, pour une raison quelconque, de vous arracher la tête, il le feront sans hésiter une seconde si ils en ont la possibilité. Voilà donc ses aveux de l’assassinat de Tiffen Verno, née le samedi 3 mars 2007, ainsi que ses actes de tortures et de barbaries sur cette même personne.

 

Le jeudi 3 mars 2022, vers 18:40, alors que j’étais dans ma voiture, garée sur un parking de la voie verte, à Saint-Pons-de-Thomières, j’ai vu passer une adolescente. Une blondinette, habillée en noir. Assez jolie. Mince. La nuit tombait. Elle marchait dans la direction opposé à Saint-Pons-de-Thomières. Seule. Je ne peut pas déterminer, pour autant qu’il existe, le moment où cette fille a basculée du fantasme au réel. Je ne le sais pas. Je ne la connaissais pas, jamais vu. J’ai beaucoup de fantasmes violents. Depuis toujours. J’ai cantonné ça à l’imaginal. Erreur fatale. En un instant, cette fille est devenue celle que je cherchait. Un lieu, un temps, une circonstance. Et une victime. Je suis descendu de ma voiture et est regardé discrètement dans sa direction. Elle marchait tranquillement tout droit, et sa route allait bifurquer. Vers l’abîme. Le Loup a attrapé la jeune femelle. Il n’a pas respecté le pacte. Pas envie. Il l’a attrapé, l’a mordu et l’a dévoré. Je l’ai suivie en restant de coté sur le voie-verte. Une fois à sa hauteur, quand elle s’est retournée, je l’ai frappé avec une brique sur le coté de la tête. Je ne voulais pas (encore) abîmer son visage. Elle est tombé au sol. J’avais l’impression que nous étions seuls au monde. J’étais plus qu’excité, j’étais pulsionnel. Le Loup traîne sa proie dans les bois. C’est son élément. Je l’ai amené dans les bois. Est-ce qu’elle a souffert ? Je pense au début oui, ensuite, elle a rapidement perdu conscience. Je ne sais pas si elle était déjà morte quand je l’ai éviscérée, mais quand je l’ai décapité, oui elle l’était, j’en suis sur. En tout cas, après elle l’était. Non elle ne l’était pas, j’ai vu ses yeux avec des soubresauts après avoir terminé la décapitation. Est-ce que j’ai pris du plaisir ? Oui. Beaucoup.

 

FIN

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