Passatge (Passage)


C’est curieux comme l’envie de tuer pénètre en moi. C’est instantané. Une pulsion de mort extrêmement puissante et quasiment incontrôlable. La première fois que j’ai l’ai vu chez des amis à moi, j’aurai pu la massacrer dans l’instant, comme, ça devant tout le monde. Certains n’ont pas honte d’aimer, de haïr où de ressentir de l’empathie pour des criminels, moi, je n’ai pas honte d’être un monstre littéraire. J’aime plus la liberté que la vie. Si je tue, c’est pour ne pas me retrouver enfermé pour le restant de mes jours. J’aurais préféré la laisser vivre avec ses blessures et ses douleurs et lui faire comprendre que ce qui lui arrivait était sa faute, entièrement sa faute.

Quand je la revois, une quinzaine de jours après cette soirée, la pulsion revient immédiatement. Comme un coup de massue. Une petite voix me dit : « – Tue-la. ». Nous sommes dans un train en direction de Marseille.  Je m’approche d’elle. Elle me reconnaît. Je lui fais la bise. Elle sent déjà la mort derrière l’odeur de pourriture qui caractérise, généralement, la femelle du genre humain. Je lui propose d’aller fumer un joint dans un compartiment. Elle accepte immédiatement. Pourquoi ? Elle est très jolie : une vingtaine d’années, des cheveux bruns mi-longs ondulés, des yeux verts. Une silhouette fine et bien portée. Un Jeans et un t-shirt noir. Un petit sac à dos noir. Des baskets hautes noires. Elle est magnifique. Je la hais. C’est en général à ce moment-là que mon esprit bascule. Une partie de moi se dit qu’elle aimerait avoir cette fille d’une façon disons « normale ». Mais l’autre partie, elle, la veut au-delà de la normalité. Et c’est toujours cette partie qui gagne. Aussitôt qu’elle est entrée dans le compartiment, je l’assomme avec une matraque qui se trouve en permanence dans mon sac. Je la porte et l’allonge sur la banquette après avoir relevé les accoudoirs. Je la déshabille entièrement. J’attache ses mains et ses pieds avec des cordes blanches que j’ai sorties de mon sac, puis je la bâillonne avec sont-shirt. Un léger filet de sang coule du dessus de son crâne et dessine une mare sous sa tête. Je regarde son corps. Elle se réveille. Elle remue et essaye de crier à travers son bâillon. Je la regarde dans les yeux. Elle me fixe et ne bouge plus. Son regard est suppliant. « – Je suppose que tu veux savoir si tu vas mourir ? ». Elle me fait un signe affirmatif de la tête. Je lui réponds oui.

Elle pleure. Je sors un marqueur noir et un cutter de mon sac. Son teint est blême. Je dessine un trait noir tout le long de sa gorge. Je prends le cutter, je l’ouvre, et je le fais doucement glisser la lame sur le trait noir. Elle se voit mourir dans le miroir qui se trouve au-dessus d’elle. Je viens de l’égorger et tout ce que je veux, c’est voir son sang couler sur sa peau blanche et recouvrir le sol du compartiment. Je la regarde. Elle essaye de respirer. Impossible. Je sors mon couteau et je la poignarde dans le ventre, les jambes, les seins, le visage…. Je suis une furie vivante, j’oublie ma conscience humaine. Je deviens l’instrument du générateur de meurtre. Son sang gicle sur mon visage et dans ma bouche ouverte. Je sens son goût âcre. Tout le compartiment, du sol au plafond, est taché. Elle est affreusement mutilée. Ses yeux sont crevés et un liquide blanchâtre coule sur ses joues déchirées. Son ventre est ouvert. Ses jambes, ses bras…. Plus rien ne ressemble à quelques choses humaines sauf…. Je franchis la barrière de l’indicible. 0n tape à la vitre du compartiment. Je sors mon revolver et ouvre la porte. Aussitôt que le contrôleur est rentré dans le compartiment, il a un mouvement de recul. Je l’assomme et l’attache. Le train va arriver d’ici à une vingtaine de minutes en gare de Marseille. Je fouille dans ses poches et je trouve son portefeuille. Je le réveille et lui demande le code de sa carte-bleue. Il refuse. Je pose mon arme sur sa tempe et je lui dis : « – c’est simple, où tu me donnes le code et tu vis, où tu ne me le donnes pas et tu meurs. Facile, non ? ». Il me le donne. J’ai menti. Je l’égorge.

 Je fouille dans les affaires de la femelle. Je trouve du fric (22 euros), de l’herbe, des clopes (Rothmans Bleu), des feuilles, un briquet Zippo avec un phare dessiné dessus, des clés, des papiers d’identité, des photos, un cahier et diverses babioles. Je mets tout dans mon sac. Je nettoie un des fauteuils avec son soutien-gorge, j’enlève son t-shirt de ce qui reste de sa bouche. J’écarte ses lèvres éclatées et arrache dix de ses dents que je mets dans un petit sachet transparent. Je le range dans la petite poche qui se trouve sur le côté droit de mon sac. Je me change avec les vêtements propres que j’ai toujours avec moi. Un bon tueur à toujours de quoi se changer avec lui. C’est aussi important que ses armes. Je finis de m’habiller et me nettoie le visage avec le démaquillant qu’il y avait dans son sac. Je m’assois sur le siège propre. Je lui demande si je peux rouler un joint sur son compte. Elle ne me répond pas. Je le roule.

Le contrôleur n’est pas mort, il tremble en s’asphyxiant et en mourant. Il souffre beaucoup. J’aime ça. Profondément et intensément. Je regarde ma femelle. Elle est magnifiquement morte. Pendant que nous sommes dans le tunnel avant la gare, je la touche et reprends le chemin vers l’indicible. Le train arrive à Marseille. Je descends et je m’en vais… avec la casquette du contrôleur sur la tête.

FIN


Corta (Courte)0 (0)

Tant corta, intensa... Si courte, intense...

Nuit-6690 (0)

669 maux. Contient des passages violents.

LSD0 (0)

Laurent-Sylvain Déraille, dit LSD, sa copine Plume et son chien Asmodée prennent vie et dialoguent avec leur écrivain, Pateur ! C'est tranchant, sanglant et (très) impudique !

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